
L’exploitation du sel sur l’île de Ré remonte au XIIe siècle, lorsque les moines cisterciens de l’abbaye des Châteliers ont aménagé les premiers marais salants dans le Fier d’Ars. Au Moyen Âge, le sel rétais est un trésor : il sert à conserver les aliments (poisson, viande) à une époque sans réfrigération, et génère un commerce international florissant.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’île de Ré est l’un des principaux centres salicoles de la côte atlantique. On dénombre alors plus de 1 500 sauniers et près de 1 500 hectares de marais en exploitation. Le sel rétais s’exporte vers la Scandinavie, les Pays-Bas et l’Angleterre, transporté par des navires qui accostent au port de Saint-Martin-de-Ré.
Le déclin commence au XIXe siècle avec l’arrivée du sel de mine, moins cher et produit industriellement. Les surfaces exploitées se réduisent drastiquement. En 1995, il ne reste plus qu’une poignée de sauniers.
Le renouveau date des années 1990-2000. La Coopérative des Sauniers de l’île de Ré, fondée en 1942, lance une démarche qualité et obtient le label IGP (Indication Géographique Protégée) pour le sel et la fleur de sel en 2018. Aujourd’hui, environ 70 sauniers exploitent 480 hectares de marais, perpétuant un savoir-faire artisanal et un paysage classé.
Le principe est simple et inchangé depuis des siècles : faire circuler l’eau de mer dans un réseau de bassins peu profonds pour qu’elle s’évapore sous l’effet du soleil et du vent.
L’eau entre dans le marais par un canal d’alimentation (le jas) à marée haute. Elle traverse ensuite une série de bassins aux noms évocateurs :
De l’entrée aux cristallisoirs, l’eau parcourt parfois plusieurs kilomètres et sa salinité passe de 35 g/L (eau de mer) à 260 g/L (seuil de cristallisation).
Deux produits naissent dans le même cristallisoir, mais pas de la même façon :
La récolte se fait de juin à septembre, par temps chaud et sec. Un été pluvieux peut diviser la production par deux.
Le saunier travaille avec des outils en bois traditionnels, jamais en métal (qui altérerait le goût et la couleur du sel) : le las pour le gros sel, la lousse pour la fleur de sel, le rouable pour lisser le fond des bassins, et le simoussi pour nettoyer les canaux.
Plusieurs sauniers ouvrent leurs marais à la visite, principalement autour d’Ars-en-Ré et de Loix. C’est la meilleure façon de comprendre ce patrimoine vivant.
De juin à septembre, des sauniers indépendants proposent des visites commentées de 1h à 1h30 au cœur de leurs marais. Vous découvrirez le circuit de l’eau, les techniques de récolte, et repartirez souvent avec un sachet de fleur de sel. Réservation recommandée en juillet-août.
La Coopérative des Sauniers de l’île de Ré peut vous orienter vers les sauniers qui accueillent le public. Son magasin à Ars-en-Ré vend toute la gamme de sels et produits dérivés.
Pas besoin de visite payante pour profiter du paysage. Le sentier des marais salants relie Ars-en-Ré à Loix sur environ 5 km, en longeant les bassins. Accessible à pied ou à vélo, il offre des points de vue spectaculaires sur les tas de sel blanc et les oiseaux. Le meilleur moment : la fin d’après-midi, quand la lumière dorée se reflète dans les cristallisoirs.
Des panneaux pédagogiques jalonnent le parcours et expliquent le fonctionnement des marais.
Installé dans une ancienne saline à Loix (12 km du camping, 30 min à vélo), l’Écomusée du Marais salant est le site de référence pour comprendre l’univers des sauniers rétais.
| Info | Détail |
|---|---|
| Période d’ouverture | Avril à novembre (tous les jours en été) |
| Tarif adulte | ~8 € (visite libre) / ~10 € (visite guidée) |
| Tarif enfant (6-17 ans) | ~5 € |
| Durée | 1h30 à 2h |
| Accès depuis le camping | 12 km — 30 min à vélo par la piste cyclable |
Conseil : combinez la visite de l’Écomusée avec un arrêt au marché de Loix (mardi et vendredi matin en été) pour goûter le sel frais et les produits locaux.
À Ars-en-Ré (8 km du camping, 20 min à vélo), la Maison du Fier propose une approche complémentaire, centrée sur la nature et les milieux humides.
Gérée par la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), la Maison du Fier est la porte d’entrée de la Réserve naturelle nationale de Lilleau des Niges, l’un des sites ornithologiques majeurs de la côte atlantique.
| Info | Détail |
|---|---|
| Période d’ouverture | Février à décembre (horaires étendus en été) |
| Tarif adulte | ~6 € (exposition + observatoire) |
| Tarif enfant (6-17 ans) | ~4 € |
| Durée | 1h à 1h30 (+ sorties nature 2h) |
| Accès depuis le camping | 8 km — 20 min à vélo |
Les marais salants ne sont pas que du sel : ils constituent un écosystème exceptionnel où se croisent plus de 300 espèces d’oiseaux au fil des saisons. La Réserve naturelle de Lilleau des Niges (Fier d’Ars) est classée zone Natura 2000 et figure parmi les sites les plus riches de la façade atlantique.
Les marais accueillent aussi des anguilles, des mulets, des crevettes dans les chenaux, et des espèces végétales adaptées au sel : la salicorne (comestible !), l’obione et la soude maritime.
Pour observer dans les meilleures conditions, emportez des jumelles et privilégiez le lever du jour ou la fin d’après-midi. L’Échappée Nature de la Communauté de Communes propose des sorties guidées gratuites en saison.
Le sel de l’île de Ré se décline en une gamme de produits que vous trouverez chez les sauniers, au magasin de la Coopérative à Ars-en-Ré, sur les marchés de l’île et dans les épiceries locales.
Astuce : les prix sont souvent 20 à 30 % moins chers directement chez le saunier ou à la Coopérative qu’en boutique souvenir. Le magasin de la Coopérative à Ars-en-Ré offre le meilleur rapport qualité-prix et la gamme la plus complète.
Les marais salants ne sont pas la seule activité maritime emblématique de l’Île de Ré. À quelques kilomètres des bassins de Loix et d’Ars-en-Ré, l’ostréiculture exploite les mêmes eaux du pertuis breton — courants forts, plancton riche, marées de 6 m d’amplitude — pour produire des huîtres de Marennes-Oléron et de Charentes-Maritime reconnues. Une visite des marais salants se prolonge naturellement par une dégustation d’huîtres au bord du chenal.
Les huîtres creuses (Crassostrea gigas) sont élevées dans les parcs ostréicoles du nord et de l’est de l’île, principalement à La Flotte, Loix, et autour d’Ars-en-Ré. L’eau du pertuis breton, riche en plancton et brassée par des courants puissants, favorise une croissance lente et un goût marqué — légèrement iodé, avec une finale sucrée caractéristique.
Le cycle d’élevage dure 2 à 4 ans selon le calibre visé. Les huîtres sont triées, calibrées (n°1 à n°5, du plus gros au plus petit), puis affinées en claires — bassins d’eau peu profonds où elles verdissent et gagnent en saveur.
Les cabanes ostréicoles ouvertes à la dégustation se concentrent sur trois pôles :
La dégustation type propose une douzaine d’huîtres n°2 ou n°3 servies sur lit d’algues, accompagnée d’un verre de vin blanc local (Charentais ou IGP Île de Ré), de pain et de beurre demi-sel. Compter 10 à 15 € la dégustation pour une personne.
Plusieurs ostréiculteurs proposent des visites de leurs parcs à marée basse, sur réservation, d’avril à octobre. Au programme : explication du cycle d’élevage (naissain, demi-élevage, affinage), démonstration de tri et calibrage, visite des claires, et dégustation sur place. Comptez 1 h 30 à 2 h de visite.
Renseignements et réservations : Office de Tourisme de l’Île de Ré ou directement auprès des cabanes — la plupart annoncent les horaires de marée et de visite sur leurs panneaux.
L’achat en vente directe reste la formule la plus avantageuse : 7 à 11 € la douzaine selon le calibre, contre 12 à 18 € en poissonnerie ou supermarché. La plupart des cabanes ouvrent le matin (9 h – 13 h) et l’après-midi (15 h – 18 h), tous les jours en saison.
Pour rapporter des huîtres après votre séjour, demandez une bourriche fermée (douzaines ou demi-douzaines emballées). Elles se conservent jusqu’à 8 jours au frais (cave ou bas du frigo, sans contact direct avec la glace), à condition de rester côté plat dessous et de ne pas être ouvertes.
Pour une journée complète marais + huîtres, voir notre guide Une semaine sur l’Île de Ré : itinéraire 7 jours (jour 6 dédié).
Partez à vélo. Les marais d’Ars-en-Ré sont à 20 minutes du camping par la piste cyclable. Le trajet traverse des paysages magnifiques (vignes, forêt, puis marais). Louez un vélo au camping ou utilisez le vôtre — les pistes sont plates et sécurisées. Découvrez notre guide l’île de Ré à vélo.
Combinez marais + village. Après la visite des marais, poussez jusqu’au village d’Ars-en-Ré (classé « Plus Beaux Villages de France »). Son clocher noir et blanc, ses ruelles blanches et ses galeries d’art méritent une flânerie. Déjeuner sur le port en face des bateaux.
Programmez la boucle complète. En une journée, vous pouvez enchaîner : marais d’Ars (visite guidée le matin) → déjeuner à Ars → Écomusée de Loix (après-midi) → retour par la côte. Comptez 30 km à vélo au total — faisable en famille avec des pauses.
Privilégiez le matin ou la fin d’après-midi. La lumière est plus belle sur les marais, les oiseaux sont plus actifs, et en été vous évitez la chaleur de midi sur les bassins sans ombre.
En été, réservez les visites guidées. Les sauniers qui accueillent le public limitent les groupes à 15-20 personnes. Réservez 2-3 jours à l’avance en juillet-août.
Emportez jumelles et crème solaire. Les marais sont un milieu ouvert sans ombre. En bonus, les jumelles vous permettront d’observer avocettes et spatules depuis les sentiers.
Dernière mise à jour : mars 2026. Tarifs et horaires indicatifs — vérifiez sur les sites officiels avant votre visite.
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