À la pointe ouest de l’île de Ré, là où la terre s’efface devant l’océan Atlantique, se dresse le Phare des Baleines. Du haut de ses 57 mètres, ce géant de pierre veille sur le pertuis Breton depuis plus de 170 ans. Depuis le Camping Les Pérouses du Phare, à Saint-Clément-des-Baleines, vous êtes aux premières loges pour explorer ce monument classé et son histoire fascinante.

Le terme « Baleines » ne doit rien au hasard : pendant des siècles, des cétacés — principalement des baleines et des cachalots — venaient régulièrement s’échouer sur cette pointe exposée aux courants de l’Atlantique. Les chroniques locales rapportent de nombreux échouages depuis le Moyen Âge, et le village de Saint-Clément-des-Baleines tire lui aussi son nom de ce phénomène. Le dernier échouage notable remonte à 1922, lorsqu’un cétacé fut retrouvé sur la plage non loin du phare.
L’histoire de la signalisation maritime à cet endroit commence sous le règne de Louis XIV. En 1669, Colbert ordonne la construction d’une tour-phare sur la pointe des Baleines, selon les plans de l’ingénieur Augier. Les travaux s’achèvent en 1682 : une tour cylindrique de 29 mètres de haut est érigée pour guider les navires dans le pertuis Breton. Son feu, alimenté d’abord à l’huile de poisson puis au charbon, reste en activité pendant près de 170 ans.
Cette vieille tour, souvent attribuée à Vauban, est aujourd’hui considérée comme le deuxième plus ancien phare de France encore debout. Elle est classée monument historique depuis 1904 et se visite toujours.
Au milieu du XIXe siècle, la vieille tour ne suffit plus. L’architecte Léonce Reynaud conçoit un nouveau phare monumental. Les travaux démarrent en juillet 1849 et le phare est allumé le 15 décembre 1854.
Le soubassement et les marches sont taillés dans du granit bleu de Kersanton (Finistère), le corps du fût en calcaire de Charente. L’ensemble est classé aux monuments historiques depuis 2012. Avec sa portée lumineuse de 27 milles nautiques (environ 50 km), le phare reste actif, automatisé depuis 1996.
Les 257 marches de l’escalier en colimaçon s’enroulent dans une semi-obscurité percée de meurtrières, avant de déboucher sur la galerie extérieure à 57 mètres. Pour les enfants comme pour les adultes, l’effort est largement récompensé.
Depuis le sommet, le panorama embrasse à 360 degrés l’île de Ré :
Conseil : privilégiez la visite tôt le matin ou en fin de journée. Le coucher de soleil depuis le sommet, lorsque le phare est ouvert en soirée l’été, est inoubliable.
Installé dans l’ancien bâtiment de l’école des gardiens de phare (restauré entre 2005 et 2007), ce musée retrace l’histoire de la signalisation maritime en France. On y découvre des lentilles de Fresnel, des maquettes de phares, des instruments de navigation et des témoignages sur la vie quotidienne des gardiens.
Avec ses 29 mètres, la tour de 1682 offre un point de vue complémentaire. Elle permet d’observer le domaine du phare et donne une perspective intéressante sur l’évolution de l’architecture maritime entre le XVIIe et le XIXe siècle. Le site est aussi un point de départ idéal pour une balade à vélo sur l’île de Ré.
Le Camping Les Pérouses du Phare se trouve à quelques minutes à pied de la pointe des Baleines. Vous pouvez littéralement rejoindre le phare en balade matinale, avant l’arrivée des cars de touristes.
Que vous soyez passionné d’histoire maritime, amateur de grands panoramas ou en quête d’une promenade vivifiante face à l’océan, le Phare des Baleines est une visite incontournable. En arrière-saison, quand la lumière rasante magnifie le phare et que les touristes se font rares, le spectacle est encore plus beau. Réservez votre hébergement et laissez-vous guider par la lumière du plus célèbre phare de l’île de Ré.